La justice jamais ne sera restaurée par le sang. Kira, L venez rejoindre l'un des deux clans, serez vous un Kira ou bien un enquêteur de talent tel que L ?
 
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 Wonder Joker Poker Land . . . Nessie Mc Candle

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Nessie Mc Candle
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MessageSujet: Wonder Joker Poker Land . . . Nessie Mc Candle   Sam 23 Mai - 21:05

Nom : Perry.

Prénom : Liberty.

Surnom : Naty Kiderman, Johanna Fried, Lisa Donatello, Amandine Garnier, Lilia Koshkina, et j’en passe . . . la pauvre a parfois du mal à se souvenir de son vrai nom. Pour cette affaire, Nessie Mc Candle.

Age : 24 étés.

Sexe : Féminin.

Nationalité : Made in Texas. United States of America, yeeeeah.

Rang : Very Impulsive Player.

Groupe souhaité : Enquêteurs.


Yesterday you told me ‘bout the blue blue sky . . .

Physique

Nessie est . . . enfin . . . comment dire ? C’est Nessie.

Pas très brillant, tout ça.

Essayons de l’examiner plus en détail. Oui, c’est la fille, là, qui se déchaîne sur son club de golf. Ben oui, il y a une pelouse sur le yacht, qu’est-ce que vous croyez ?

Je tiens à préciser, avant d’entamer une quelconque description, que Mlle Mc Candle a 24 ans. Ce n’est pas que ce soit complètement exceptionnel d’avoir 24 ans, mais c’est déjà un peu plus étrange qu’à cet âge, Nessie plafonne à une taille royale d’1m 59. Et encore, lorsque son médecin la mesure, elle se met sur la pointe des pieds ; mais l’homme a bon cœur et ne veut pas la rendre complexée plus qu’elle ne l’est déjà par ce vestige d’enfance qui refuse de la quitter.

Enfin, surtout, il tient à sa vie.

Ce cafouillage génétique qui fait d’elle une femme modèle miniature ne l’empêche pas d’avoir d’assez jolies formes ; qu’elle entretient avec acharnement par deux heures minimum de sport par jour. Golf, natation, boxe, tout y passe. Cela pourrait paraître plutôt banal : après tout, à part moi *SBAF*, qui ne se soucie pas un tant soit peu de sa ligne ? Mais pour Nessie, cela veut dire énormément de choses. Le sport et la silhouette parfaite sont chez elle une dictature, une obligation absolue. Son histoire (douloureuse, quand on s’y penche) y est pour beaucoup de choses.

Penchons-nous maintenant sur le visage (plutôt rond) de notre détective en herbe. Il offre un contraste saisissant, un drôle de mélange entre des grands yeux de gamine gris, comme veinés d’encre, un nez mutin et des lèvres beaucoup plus féminines. Ou, en langage moins poétique, un mix entre la tête d’une môme de 6 ans et celle d’une business-lady de 30. Ou, si vous n’avez toujours pas saisi, un portrait juste bizarre. Enfin bref, ne cherchez pas à comprendre. Quant aux cheveux de Liberty, c’est son trip de se les colorer, lisser, boucler, attacher, mécher, couper, étirer, effiler, tresser et d’en faire n’importe quoi chaque semaine. Elle arbore la plupart du temps des coiffures extravagantes qui ne jurent pas vraiment avec ses tenues plus que strictes. Mais le plus étrange, c’est que ces combinaisons lui vont à merveille : la jeune femme possède LA tête passe-partout qui se marie aussi bien avec des cheveux rose flashy que châtains, sans oublier bleus, oranges, vert pomme, noirs, dorés, chocolat, blancs, rouges, violets, argentés, fuchsia, jaune fluo.

Parfois, tout en même temps. Si si, elle l’a déjà fait. Un grand mystère persiste, sans doute insoluble : quelle est la couleur capillaire d’origine de Liberty Perry ?

Venons-en au vestimentaire. S’habiller a autrefois été un problème majeur pour Nessie ; si pour les autres filles, c’était un casse-tête de choisir entre un top décolleté et un pull ultra-moulant, un jean taille 32 et une mini-jupe en cuir noir, pour Liberty, la seule priorité (pas des moindres) était de trouver sa taille. Aujourd’hui, cette époque d’errance honteuse parmi les rayons est bel et bien révolue. Terminée, oubliée et piétinée. Mlle Mc Candle ne porte que des uniformes. Bordeaux, noirs, bleu foncé, gris, verts et autres couleurs de mémé à en faire hurler les autres jeunes femmes de 23 ans. Cravates, jupes plissées, écussons, chemises blanches impeccables, plis parfaits et talons aiguilles lustrés. Un look d’écolière tiré à quatre épingles. Nessie a l’air de partir pour Harvard chaque matin, et en plus, cela lui sied comme un gant.

Pourquoi un tel paradoxe ? Pourquoi une coiffure digne d’une échappée de la cour du Roi-Soleil, et en bas, une tenue de collégienne modèle ? Son entourage ne la comprend pas. Mais son entourage, bien que jamais le même, l’admire. Et ça, c’est le plus important.

Ah, dernière précision et je vous laisse tranquilles. Nessie a un tatouage sur l’épaule droite, son dernier délire : il s’agit d’une bougie. Tiens, on ne s’en serait pas doutés.

I forgot to say loud how beautiful you really are to me.

Caractère

Le caractère ? Quel caractère ? Mais voyons, Nessie est quelqu’un de chaaaaarmant. Oh, elle est parfois un tantinet sadique, pourrie gâtée, machiavélique, exigeante, impatiente, manipulatrice et égoïste, mais on ne va pas chipoter pour si peu, n’est-ce pas ? Non, la jeune fille a toutes les qualités, et ce ne sont pas ces petits défauts (si insignifiants, vous en conviendrez) qui viendront les éclipser. Comment ça, vous ne voyez pas ? Attendez, je vais vous en trouver trois tonnes, moi, des qualités.

. . .

Oh et puis zut, puisque je vous dis qu’elle est formidable ! Un ange. Il faut juste ne pas l’énerver. Mais alors, vraiment pas. Une telle faute serait fatale. Ca, nous sommes forcés de l’admettre, c’est un mauvais point. Perry est une Texasienne de pure souche. Donc, comme toute américaine qui se respecte, elle démarre au quart de tour et de manière violente. Pouvant acheter une villa un jour et la brûler le lendemain, aimer un homme d’amour sincère et engager un tueur à gages pour l’achever au bout d’une semaine. Se raser les cheveux parce qu’elle n’arrive pas à se faire des couettes, boire jusqu’au coma éthylique un jour d’ennui. Un esprit pas dérangé le moins du monde, et même plus que brillant, simplement, Liberty aime délirer. Lorsque quelque chose ne va pas, elle se réfugie dans une espèce de démence pendant laquelle il ne vaut mieux pas se retrouver sur son chemin, et se réveille le lendemain avec une gueule de bois pas possible et le vague sentiment d’avoir fait quelques conneries. Elle a l’air d’une bonne vivante ; d’ailleurs, les fêtes qu’elle donne sont nombreuses et mémorables. Contrairement au commun des mortels, la jeune fille, pour réfléchir, a besoin de tout le contraire de la solitude. Des tonnes de VIP se déhanchant sur un dance-floor, des projecteurs aux lumières aussi flashy qu’agressives, une musique à en faire valser un mort, des cocktails plus improbables les uns que les autres, des machines à sous, des cartes, des bluffs, des bluffs, des bluffs et encore des bluffs. Et vive Las Vegas : c’est la seule ville où elle se soit jamais sentie vraiment, profondément heureuse. Pas étonnant qu’elle y possède quelques casinos parmi les plus prisés.

Mais tout cela n’est pas le plus bizarre. Non, je vous jure. J’allais oublier de parler de cette particularité de notre sujet, à savoir une addiction aux affaires criminelles, économiques, diplomatiques et tous autres casse-têtes. S’il y une chose que ses copains milliardaires ne saisissent pas, c’est pourquoi leur petite protégée plonge tête la première sans la moindre hésitation dans les eaux tourmentées de l’illégal. Du meurtre aux arnaques à la carte bancaire, en passant par les hommes politiques pas nets et les terroristes qui avaient le malheur de se trouver de près ou de loin dans sa ligne de mire. En quatre ans, Nessie a résolu un nombre incalculable d’affaires qui n’avaient rien d’extraordinaire : elle préfère nettoyer les bureaux des commissariats du monde entier de leurs dossiers ‘Affaires classée’, histoire d’alléger un peu l’esprit de ceux qui y travaillent, plutôt que de donner son cerveau ultra-complexe en spectacle. Elle peut traiter tout et n’importe quoi, et régler en un quart d’heure une enquête laissée en plan pendant des années. A la grande joie de ceux qui en sont initialement chargés. Cependant, les traques de meurtriers se font entre deux tours de cartes, et la jeune fille considère ces petits extras intellectuels comme un hobby, une façon de tuer le temps parce qu’elle n’a rien à faire entre cinq heures et cinq heures dix. Mieux vaut passer ses périodes d’emmerde à agir pour la paix de l’Humanité qu’à se détruire les neurones à coups de cocaïne, après tout.

Bref, petit résumé pour ceux qui n’ont pas (et c’est légitime) eu le courage de lire mon splendide-torchon-dont-je-suis-fière-alors-pas-de-commentaires : une bonne enquête, un yacht, une soirée jet-set, une partie de poker. Voilà la vie d’une Liberty qui porte bien son prénom, celle qu’elle aime et qu’elle ne quittera que pour l’Au-delà.

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Nessie Mc Candle
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MessageSujet: Re: Wonder Joker Poker Land . . . Nessie Mc Candle   Sam 23 Mai - 21:07

Histoire

Liberty a 8 ans, et en culotte, elle monte sur la balance, avec un soupir las. La machine s’affaisse dangereusement, comme chaque matin. Ce qui ne présage rien de bon.

‘76 kilos’, clame le cadran digital. C’est presque comme si elle l’entend se moquer d’elle. Rougissante, elle passe une main sur son ventre, ce ventre dont elle ne voit pas la fin. Elle verse quelques larmes, sans y mettre du cœur, puis elle oublie. Et elle tente de s’habiller pour l’école. L’uniforme bleu marine lui serre douloureusement la taille, la jupe ne fait que ressortir ses cuisses énormes. Mais, habituée à cette image douloureuse que lui rend le miroir, elle s’attache les cheveux avec l’aide de sa gouvernante, qui lui intime de sourire, histoire de minimiser l’effet de son double-menton. Ses paroles ont le même effet sur la fillette que si on lui avait posé un pistolet sur la tempe. Mais elle n’obéit pas. Pourquoi sourirait-elle ? Après tout, ça ne changera rien. Ses camarades de l’école privée peuvent sourire, elles. Liberty est la plus enrobée de sa classe. Donc, entant que plus gosse de la classe, elle prend sur soi de recevoir toutes les insultes. Même si elles sont masquées, et que personne ne lui a jamais dit la chose en face. Sourire ne fera que lui donner encore plus l’impression d’être un souffre-douleur. Pourtant, elle n’est pas la seule, elle le sait bien. L’Etat du Texas est celui qui compte le plus d’obèses dans tous les Etats-Unis, et dans le monde. Des centaines de gosses de riches sont comme elle, gâtés par leurs parents, et engraissés comme des cochons de lait. Oui, elle sait qu’elle n’est pas la seule, mais ce n’est pas une excuse. Ce qu’elle ne comprend pas, c’est pourquoi tout le monde semble penser que plus on est gros, plus on est stupide, et donc qu’elle a un Q.I n’excédant pas celui d’une huître. Elle est tout de même première de sa classe. Et de loin. Mais ses camarades et ses professeurs pensent qu’elle triche. Parce que d’après eux, c’est impossible d’avoir de tels résultats à cet âge.

Quand Liberty monte dans la limousine qui doit la mener juste devant le portail de son établissement, elle se demande, comme chaque matin, si elle ne devrait pas abandonner la voiture et parcourir ces 400 mètres à pied. Mais c’est dangereux, dans une ville où il n’y a pas de trottoirs. Si sa mère apprend que sa petite boulotte adorée a pris un tel risque, elle pourrait la priver de sucreries. Et ça, elle n’en a pas envie. Pas du tout.

La limousine démarre.

* * *


Liberty a 10 ans, elle rentre d’un goûter d’anniversaire qui s’est à nouveau terminé par des rires hypocrites dans son dos. Elle est fatiguée, et devoir faire monter à son corps de 81 kilos les marches du perron de sa villa est un vrai calvaire. Mais au moins, ça lui fait faire du sport. Sport. Un mot tellement ambigu, tellement déformé par ses lèvres épaisses. Quand elle arrive dans le living-room, la table basse trône entre deux divans en daim, couverte de chocolats, de profiteroles, de cakes, de macarons.

- Maman, j’ai déjà mangé chez Jane.
- Voyons, ma chérie, ne me dis pas que tu n’as pas faim.
- Si . . . un peu.
- Alors fais-toi plaisir ! Je n’ai pas dépensé 500 dollars pour rien.

Elle a raison. Il faut se faire plaisir, dans la vie, non ? * Mais pas en t’empiffrant jusqu’à en vomir *, fait une petite voix dans sa tête. Cependant, Liberty l’ignore et croque timidement dans une part de tarte aux framboises. Quelques minutes plus tard, la table quasi-vide, l’estomac saturé de sucre, son ventre plein à craquer criant grâce, elle s’arrête enfin, consciente d’avoir ajouté un ou deux bourrelets à sa collection personnelle. Tant pis. De toute façon, elle n’aurait pas pu se retenir. Même si elle l’avait désiré de toute son âme.

* * *


Liberty a 15 ans, il fait 40°C et ses prétendues amies l’ont invitée à une sortie à la piscine. Hors de question de se montrer en maillot de bain. Elle les appelle et dit qu’elle n’y va pas, inventant un prétexte, mais elles connaissent toutes très bien la vraie raison. Simplement, à cet âge, c’est un peu tabou d’en parler. Jane, Maggie et Rebecca pèsent chacune dans les 50 kilos. Elle, elle en fait presque deux fois plus. En reposant le combiné, elle file à la cuisine, aussi vite qu’elle le peut – c’est-à-dire pas très vite. Il faut qu’elle mange, sinon, c’est la déprime ; déjà qu’hier, elle a reçu une note catastrophique (mais certes prévisible) en éducation sportive.

- Tu ne sais pas sauter ? ! lui a hurlé le professeur.
- Non, monsieur.

Qu’est-ce qu’elle pouvait lui répondre d’autre, quand elle s’est étalée de toute sa masse sur la haie qu’elle était censée franchir ? Tous les élèves de la classe sont minces. Le prof les engueule parce qu’ils sautent trop haut. Elle, c’est tout le contraire.

* * *


Liberty a 18 ans, nous sommes le 24 juillet, et pour son anniversaire, elle n’a invité personne. Pour qu’on se moque d’elle l’un des jours les plus importants de sa vie ? Non merci. Pour fêter cet événement ‘en famille’, sa mère a employé les grands moyens ; elle a fait venir les décorateurs, les traiteurs, et tous ses amis à elle et à son mari. Chacun apporte un cadeau d’au moins un millier de dollars à la nouvelle majeure. Mais on se garde bien de lui offrir des vêtements. D’abord parce qu’elle pourrait le prendre très mal, et ensuite parce que de toute façon, c’est quasiment impossible de trouver des fringues de grands créateurs à sa taille. Alors, on fait la fête, puisqu’on nous a invités pour ça. Tout le monde rit, tout le monde l’embrasse bien fort, tout le monde la félicite.

La félicite de quoi ? D’avoir passé la barre des 90 kilos ?

Mais elle ne laisse rien transparaître du mépris que lui inspire toute cette mascarade. Une fête riche et parfaite, pour la fille riche et parfaite de ses parents riches et parfaits, n’est-ce pas charmant ? Elle laisse faire, juste pour faire plaisir à ses géniteurs qui se sont donnés tant de mal. Et elle grignote quelques bouts de la monumentale pièce montée fièrement parée de ses 18 bougies. Mrs Perry vient la voir.

- Alors, ma chérie, j’imagine que tu t’amuses ? C’est une fête formidable, tu en as de la chance !
- C’est vrai, maman. Merci mille fois. C’est vraiment génial.
- Comment trouves-tu ton gâteau ?
- Splendide. Tout est parfait, vraiment.
- Ecoute, mon cœur, il faut que je te parle sérieusement. Brian . . . tu sais, le fils de Mr Gray ?

Encore lui ? Oui, elle sait. Il est stupide, mal léché, et a 6 ans de plus qu’elle, mais il pèse 61 kilos.

- Il est charmant, je l’adore.
- Vraiment ? Si tu savais comme j’en suis heureuse !
- Pourquoi ?
- Mr Gray me parle souvent de toi. Il dit que Brian t’adore, lui aussi ! N’est-ce pas magnifique ?
- Oui, c’est top.

* Non, c’est horrible *, songe-t-elle. D’une : elle est sûre que Brian n’est pas fou d’elle mais plutôt du jackpot qu’il touchera en l’épousant, et de deux : même si ses sentiments à son égard sont sincères, ils sont loin d’être réciproques.

On célèbre leurs fiançailles trois semaines plus tard.


Dernière édition par Nessie Mc Candle le Sam 23 Mai - 21:13, édité 1 fois
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Nessie Mc Candle
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MessageSujet: Re: Wonder Joker Poker Land . . . Nessie Mc Candle   Sam 23 Mai - 21:08

* * *


Liberty a 19 ans, et même si elle ne le sait pas encore, ce jour morose d’octobre va changer sa vie. Pour l’instant, du moins, rien ne change. Et elle prend son petit déjeuner plus que copieux, au départ d’une journée qui sera (elle le croit) comme les autres. Cela fait plus d’un an qu’ils sont mariés, Brian et elle. Mais la jeune fille ne se sent pas du tout comme une femme, encore moins comme une épouse. Aussi a-t-elle du mal à réagir lorsqu’on l’appelle Mrs Gray. Toute cette première année de noces, elle n’a cessé d’asticoter son mari, le malmenant au possible, lui faisant payer au quotidien le coup bas qu’il lui a fait quand il a demandé sa main à ses parents. Pour l’argent, tout est pour l’argent. Elle le sait bien, et s’arrange pour que Brian le sache aussi. Tu as le fric, mais tu ne m’as pas, moi.
D’un autre côté, il doit être bien heureux de ne pas l’avoir, elle et ses 103 kilos. Et c’est d’autant plus douloureux pour Liberty. Devinez ce qu’elle fait pour se consoler ? Exact, elle mange.

Elle mange, donc, ce matin, dans la salle à manger de son penthouse, face à son époux qui a l’air d’une brindille. Il sent qu’elle va encore être exécrable. Et vraiment il commence à en avoir marre. Sauf que sa douce et compréhensive femme n’en a rien à faire. Et aujourd’hui, comme elle le fait toujours une semaine sur deux, elle vouvoie Brian. Histoire de le pousser à bout.

- Vous avez demandé à Renaud de déposer le journal ?
- Non. Pourquoi, tu en avais besoin ?

- Comme chaque matin.
- Tu ne me l’as pas demandé !
- Parce qu’après un an de vie commune, j’osais espérer que vous en prendriez l’initiative. Mais je me suis sans doute trompée. Seriez-vous infichu de faire plaisir à votre femme ?
- Liberty, ne recommence pas.
- Je commence si je le veux. Ne croyez pas que vous pouvez me donner des ordres.
- . . .

Ca y est, il va craquer. Bon Dieu, cela fait plus d’un an qu’elle attend ça. Qu’elle attend qu’on lui dise en face ce qu’on pense d’elle. La jeune fille esquisse un sourire charmant, destiné à le faire complètement sortir de ses gonds. Elle sent la vacherie venir ; et se dit qu’elle doit être complètement masochiste pour le vouloir. Mais c’est trop tard.

- Vas te faire foutre, grosse truie !

Les mots hurlent et sifflent, comme autant de lames, et vont s’abattre sur leur destinataire. Liberty chancèle. La voilà, la phrase qu’elle attendait, la fissure dans son monde au masque souriant. Celle que tout le monde brûlait de lui dire, dès le début. Elle a mal. Les larmes coulent sur ses joues flasques. Elle se lève, attrape un couteau à pain sur la table, puis s’enfuit en courant. Elle s’enferme dans la salle de bains et là, elle hurle. Hurle à s’en déchirer la gorge, à ne plus s’entendre elle-même, à se vider les poumons . . .

Lorsque l’ambulance arrive, il y a du sang sur le carrelage.

* * *


Deux semaines plus tard, Liberty sort de l’hôpital. Le médecin lui a dit qu’elle avait déjà de l’hyper-tension, et que si elle refaisait la même bêtise une deuxième fois, ils ne pourraient plus la relever. Parce que les blessures seraient trop graves, ou parce qu’elle est trop lourde ? La jeune fille passe la porte de la villa de ses parents. Il fait froid, ce soir. Mais elle étouffe. Comment ne pas étouffer, noyée dans tant de graisse. Elle arrive dans le salon. Un feu est allumé dans la cheminée victorienne. Son père lit le journal, sa mère fait des mots croisés. Cela lui rappelle les soirs d’avant, quand elle ne pesait que 76 kilogrammes et qu’elle rentrait de l’école primaire. Aujourd’hui, son poids a augmenté. Mais aujourd’hui, il y a une différence : ses parents, qui viennent de se lever pour l’accueillir, un grand sourire scotché sur le visage, ne recevront pas les mots gentils auxquels ils s’étaient habitués.

- Lili, mon chou ! Nous sommes si heureux de te revoir !
- Pourquoi as-tu fais ça, voyons ? Tu te rends compte de l’état dans lequel tu as mis Brian ?
- Ton père a raison. Ne recommence pas, d’accord ?
- Je ne recommencerais pas. C’est promis.
- Bien, mon cœur ! Pourquoi n’es-tu pas rentrée chez ton mari qui t’aime ?
- Ce n’est plus mon mari. Et il ne m’aime pas.

Le père arrête de lui ébouriffer les cheveux, la mère la libère son étreinte. Un peu trop brutalement. Mais leur fille n’est pas venue pour se faire câliner. Elle a beaucoup, beaucoup de choses à faire, et ne doit pas perdre de temps. Alors, dans ce silence de marbre, elle s’avance d’un pas décidé, et monte l’escalier monumental qui mène à l’étage. Lorsqu’elle redescend, sous le regard médusé de ses parents qui n’ont toujours pas digéré ses derniers mots, elle tient dans ses bras une pile énorme de classeurs et de livre reliés de cuir. Les questions commencent à fuser.

- Liberty, tu peux m’expliquer ce qui te prend ? Lâche immédiatement ces albums photo, bon sang !
- Oh, mais ne t’inquiète pas, maman adorée. Je vais les lâcher.
- Je t’interdis de parler à ta mère sur ce ton ! ! Et tu vas aller voir Brian, en vitesse ! Excuse-toi de lui avoir causé tant de soucis !
- Mais bien sûr, papa chéri, je brûle d’envie de le retrouver. Tu ne peux même pas imaginer. Ne faites pas attention, je ne fais que passer, hein.
- Non mais tu as perdu la tête ! Et pour l’amour du ciel, qu’est-ce que tu fais ? !

Qu’est-ce qu’elle fait ? Là, elle met tous ces albums de famille sur la table. Puis elle fait le tour du living-room et elle le soulage de toutes ses photographies. Les cadres sur la cheminée, sur les tables basses, sur les buffets. Elle sur les manèges, elle à la plage, elle à côté de la pièce montée aux 18 bougies. Quand elle est sûre qu’il n’y a plus aucune image d’elle dans la pièce, elle s’attaque au reste de la maison. Avec une vitesse inattendue, elle rassemble, sur la table centrale, toutes les photos où elle est présente. C’est-à-dire, toutes les photos de la villa. Puis, sans entendre les hurlements de ses géniteurs, leurs menaces et leurs supplications, le plus tranquillement du monde, elle attrape par brassées entières les rectangles de papier glace et les jette dans le foyer de la cheminée. Le père gifle sa fille. La mère fond en larmes. Liberty éclate de rire, la joue brûlante.

- Quoi, ça ne vous plaît pas ? C’est moche, une obèse qui pète les plombs, hein ? ! Dites-le, que c’est laid ! C’est monstrueux, n’est-ce pas ? !
- Ca suffit, Liberty ! Arrête ça tout de suite ! ! !
- La ferme, papa ! LA FERME ! !

* * *


Liberty a toujours 19 ans –heureusement, d’ailleurs, on ne vieillit pas d’un an en une semaine- et elle est à la rue. Enfin, pas totalement à la rue, puisqu’après des années passées à économiser son argent de poche, elle a de quoi se payer une chambre d’hôtel on ne peut plus confortable. Mais l’argent n’est pas éternel, elle est la mieux placée pour le savoir. Et quand sa petite fortune s’épuisera, il ne lui restera vraiment plus rien. Même pas une photo de sa famille, puisque toutes les photos qu’elle connaissait d’eux sont parties en fumée. Bah, ce n’est pas plus mal : elle n’aime plus sa famille. Elle ne l’a jamais aimée, de toute façon.

Elle erre donc dans les rues sans trottoirs de Houston, et se dit avec un sourire amer qu’elle serait assez large pour passer pour un camion-citerne. Elle vient de sortir d’un entretien d’embauche très peu probant, et bien sûr, elle sait que ses chances de décrocher un job sont proches de zéro ; autant tenter de faire embaucher un cachalot. Pfft, ces derniers temps, elle devenait de plus en plus méchante avec elle-même. Soudain, son regard est attiré par une vitrine plus lumineuse que les autres. Non, en fait, elle n’a rien de différent, mais étrangement, La jeune fille a l’impression d’être venue dans cette avenue juste pour la voir. Elle se penche, pose ses doigts boudinés sur la vitre, et là, ses yeux étincèlent. C’est la première fois que Liberty s’extasie sur autre chose que des pâtisseries. Ô merveille. Quelle splendeur. Quelle perfection linéaire, quelle symétrie . . .

Paf. C’est l’illumination, le deus ex machina qui tombe sur sa tête ronde. Elle se redresse, et voit son horrible reflet tant haï dans la glace. Mais cette fois-ci, elle n’en a plus peur. Au contraire, elle le regarde dans les yeux, avec son ventre immense, son triple-menton et ses bourrelets.

Fini. Tout va changer. Liberty vient de trouver ce qu’elle allait faire de sa vie.

Ce jour-là, elle achète son premier jeu de cartes. Le soir même, elle perd 700 grammes. Historique.


* * *


Las Vegas est resplendissante. Lisa Donatello la contemple ; elle en est folle amoureuse. Si seulement ce palais des lumières et du fric avait une personnification, elle l’épouserait sur-le-champ. Enfin, pour l’instant, Las Vegas, aussi magnifique soit-elle, n’est qu’une ville. Et la jeune femme a un jeu à mener.

- Mlle Donatello ? Les cartes sont prêtes. Nous n’attendons plus que vous.

L’intéressée se détourne de la baie vitrée de son immense bureau, excitée comme une gamine, comme à chaque fois. Elle remercie le groom, puis descend dans l’immense salle de jeu. Les gradins sont pleins à craquer de millionnaires en tous genres. Tous attendent le monstre de la soirée. Tous sont sûrs qu’elle va, une fois de plus, écraser tous ses adversaires comme des moucherons. Et ils ont raison.

Quelques trois heures plus tard, les mots chantent et résonnent tels du cristal, à la fois fascinants et cruels.

- Royal flush, baby.

L’ovation est énorme, comme d’habitude. Les spectateurs se lèvent, applaudissent à s’en décrocher les mains, heureux comme si ce sont eux qui viennent de gagner 500 000 dollars en une soirée. Et Lisa se lève, remercie les perdants de leurs participation, de cet accent italien à en tomber à la renverse. Le lendemain matin, elle quitte à regret son royaume, pour remonter dans son yacht de 100 mètres. Petit bijou d’opulence et de technologie qu’elle a pu se payer en cassant sa tirelire comme une grande, l’an dernier.

Liberty a 23 ans, et elle pèse 51 kilos.
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MessageSujet: Re: Wonder Joker Poker Land . . . Nessie Mc Candle   Sam 23 Mai - 21:52

Et bien , et bien... Tout dabord bienvenue à toi parmis nous Smile Que dire sur cette présentation. Elle est vraiment génial, franchement ,félicitation j'ai beaucoup aimée. C'est certes énorme à lire mais c'est surtout beaucoup de plaisir Smile

Le caractère et le physique sont bien cernées, avec quelques petites touches humoristiques par ci par la...

L'histoire, ouah... j'aime beaucoup l'idée de la fille obése qui a 23ans devient ravissante et mince... Ca prouve qu'elle n'a besoin de personne pour s'en sortir et ça c'est génial...

Que dire d'autre, hormis.....VALIDE!!! \o/

Puisse tu t'amuser en notre compagnie Very Happy

Seiigi, Fondatrice...

_________________
~~ セイイギ-サン ~~

[center]~~Le seul moyen de se délivrer d'une tentation, c'est d'y céder. Résistez et votre âme se rend malade à force de languir ce qu'elle s'interdit~~


[/center]

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