La justice jamais ne sera restaurée par le sang. Kira, L venez rejoindre l'un des deux clans, serez vous un Kira ou bien un enquêteur de talent tel que L ?
 
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 Busy World {PV Yagami

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Katleen Strain
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MessageSujet: Busy World {PV Yagami   Lun 20 Avr - 3:51

« Mesdames, messieurs. Bonjour. Il est 06h42. Le temps sera clément aujourd’hui sur Tokyo. Concernant le trafic… »

Katleen était assise en tailleur à même le comptoir de sa cuisine qui séparait la dite pièce de la salle principale de son appartement qui lui servait de salon, salle à manger, salle de yoga, salle de jeu, salle de boxe… "Living Room" prenait tout son sens avec cette crapule imprévisible. Elle écoutait une petite radio rouge rectangulaire à antenne qui diffusait les informations locales. Quoi de mieux pour se familiariser avec le langage japonais. Elle se sentait particulièrement à l’aise dans cette langue et aimait bien la sonorité que prenait chaque mot quand elle les faisait claquer sur son palais. Dans ses mains reposait une tasse à thé ‘so british’, aux fleurs plus laides les unes que les autres. « Saveurs d’Asie » paraissait-il aux dires du vendeur qui l’avait conseillé. Elle ne savait pas si la vie japonaise aurait le même goût que ce succulent thé.

« Il est 07h00. Place à l’actualité. Le dernier film de la très prometteuse Misa-Misa… »

Misa Amane. Elle l’avait vu sur une chaine culinaire récemment, elle était marrante la gamine. Katleen l’appréciait fortement. Elle finit enfin sa tasse qui avait eu plus que le temps de refroidir et la laissa en compagnie d’une cuillère et d’un couteau dans l’évier de sa petite cuisine. Elle attrapa sa radio à pile et se rendit jusqu’à la salle de bains. Ce qu’on pouvait constater c’était qu’elle était bleue. Bleu intégral. Elle posa la petite radio sur le rebord du lavabo en porcelaine blanc lui par contre et prit une bonne douche. La journée promettait d’être longue. Oui, depuis un mois maintenant, toutes les deux semaines, elle était assistante d’anglais dans un lycée du centre ville de Tokyo. Être payée pour parler toute la journée sa langue maternelle était plutôt réconfortant mais elle avait failli passer à côté de l’emploi parce que la demoiselle n’avait pas pu remplir son formulaire d’embauche et avait du avouer bien vite qu’elle ne savait ni lire, ni écrire. Malgré cela, elle avait réussi à obtenir la sympathie de ce petit prof d’anglais ayant environ la cinquantaine et des lunettes que Katleen rêvait d’essayer. D’énormes lunettes sortant directement des 70’s. Un bijou d’antiquité qui étrangement revenait à la mode ces dernières années. C’était kitch et complètement loufoque. Elle adorait.

« Voici maintenant notre flash sur Kira comme tous les matins. Il est 07h57 vous écoutez… »

Compter le nombre de tours que l’on faisait avec sa brosse quand on se lavait les dents permettait d’activer son cortex cérébral, paraissait-il. C’était ce que faisait Katleen chaque matin durant les informations sur Kira. Et il était vrai que c’était toujours à ce moment que son cerveau se réveillait et commençait son petit bouillonnement intellectuel.

Elle enfila une casquette à la Gavroche à l’envers sur sa tête, enfila son imperméable tout aussi noir que son couvre chef ainsi que ses Derby à talons ronds. Elle serait obligée de les enlever au lycée mais ce n’était pas très important.

La matinée se passa bien dans l’ensemble. Elle mangea dans un parc non loin du lycée ou elle put s'adonner à l'observation des personnes présentes dans l'endroit, une de ses activités préférées. Elle revint au lycée pour assister les cours de l’après midi.

~


- Hello Japan !

Dernier cours du jeudi. Une classe de dernière année tout sauf motivée. Le constat l’avait frappé quand elle les avait rencontrés la première fois, les gamins d'aujourd'hui ne s'intéressaient à rien. Il fallait croire cependant qu’elle était une attraction plaisante car les filles chuchotaient à son propos et son chapeau fascinait. On inventait mille et une rumeurs. Elle entendit même un groupe dire qu’elle portait une perruque...

Elle referma la porte coulissante qu’elle avait ouverte avec énergie et scruta la petite assemblée étrangement silencieuse. Elle leur demanda, en anglais bien sur, le but étant de ne parler qu’anglais durant cette heure d’assistanat :

- Qu’est ce qui vous prend ? Du nerf camarades, cette heure va être la plus longue de votre vie !

Elle sourcilla et vint s’asseoir sur le bureau en face de ces lycéens. Elle commença à parler du sujet du jour : La mode. C’était vrai que les jeunes qui apprenaient l’anglais pouvaient vous parler de Luther King avec brio mais n’était pas capable ni de demander une fourchette ni de dire comment on disait chaussette. Il fallait reprendre tout ça. Le jeu de l’assistante était bien évidemment de faire apprendre ces jeunes tout en leur faisant passser un moment agréable ou du moins leur faire oublier un instant la vitesse vertigineuse à laquelle tourner leur monde. Le pari n'était pas forcément gagné au départ sachant qu'elle n'avait que 19 ans. Et pourtant, ces heures se passaient toujours très bien.

Elle s’amusait avec une craie de tableau alors qu’elle ne savait strictement pas écrire. C’était juste la texture de ladite craie qui l’amusait. L’ambiance ennuyée de tout à l’heure avait laissé place à une certaine excitation. Les filles étaient ravies. Certains au fond de la classe draguaient tranquillement. Il y avait même une fille d’apparence sérieuse qui lisait un manga sous sa table de cours. Elle laissait passer parce que ce n’était pas son rôle de jouer l’autorité. Le prof’ était là pour ça et pour orthographier les mots au tableau.

Elle épousseta la poussière de craie qui était tombée au fur et à mesure sur sa robe rouge à bustier, s’ouvrant vers le bas, digne du meilleur des années 30. Après ce rapide nettoyage, elle scruta les adolescents pour voir l'ambiance générale et s’arrêta sur Light Yagami. Encore et toujours en train de regarder par cette maudite fenêtre.

Clac.

Petit bruit sur le sommet du crâne du jeune homme. Katleen était forte en lancer de projectile. Ce n’était qu’une histoire de mathématique. Elle se leva pour faire quelques pas vers les élèves assez stupéfaits, n'osant pourtant contester ce genre de comportement. Yagami se trouvait vers le milieu de la classe et cet avancement n'était que symbolique.

- Monsieur Yagami, mon cours ne vous intéresse pas ? Tout le monde connait votre talent à l’écrit mais sans participation orale, il est dur d’être vraiment bon en langue.

Katleen avait flairé dès le début cette différence entre Light et les autres. Il avait un recul et une maturité presque inquiétants et paraissait être une personne sans défaut apparent. Presque quelque chose d’inhumain. Elle avait vite fait son sondage en salle des profs, ce qui vint confirmer ses pensées. Ce garçon était un petit génie, modeste qui plus est. Le garçon parfait. Elle s’était même payée le luxe de se faire lire toutes ses rédactions en anglais et le niveau était indéniable. Le garçon sortait de la norme. Mais malheureusement Katleen détestait par-dessus la perfection. Elle eut un léger sourire et s’adressa à Light avec une léger ton sarcastique :

- Vous pensez-vous assez intelligent pour vous dispenser de mes conseils ?

La cloche de la délivrance sonna pour ces pauvres enfants abrutis par le travail. Le visage de Katleen se décontracta pour redevenir tout à fait aimable et elle lança, contente :

- A dans deux semaines « guys ».

Elle jeta un dernier regard à Yagami et se décida à discuter avec le prof’ d’anglais dans sa langue maternelle qui lui manquait un peu. Elle lui demanderait peut-être d’essayer ses lunettes, sait-on jamais.

- Est-ce que vous pensez réellement que le temps peut avoir une influence sur notre envie de manger…

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Light Yagami
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MessageSujet: Re: Busy World {PV Yagami   Lun 20 Avr - 16:56

Light avait décidé de se reposer en cours d'Anglais. Celui-ci était dispensé par « Rittol Izdi » accompagné de son asperge d'assistante. Les deux enseignants formait une paire digne du duo comique de Laurel et Hardy. L'un ne savait pas parler, l'autre ne savait pas écrire. Pour le premier, cela c'était vérifié au fil des années : il avait toujours un accent terrible et ne s'en débarasserait jamais. De la vieille école formée sur le tard, celle qui répondait aux standards des examens, il était incapable de prononcer à l'anglaise les 'l', faisait bourbonner les 's' en 'z', et ne s'en tirait pas mieux avec les 'the'. D'où son surnom : « Is the » dans sa bouche devenait « IzzzDi ». Il était moins courant d'accoler à ce sobriquet une façon de prénom, mais celui-ci venait tout naturellement le compléter, comme déformation outrancière de « Little ». La cruauté des lycéens ne s'arrêtait pas là, mais Light s'en contentait : cela suffisait amplement pour casser du sucre sur le dos du prof d'anglais afin de ne pas passer pour le fayot de la classe.

Pour ce qui était de l'assistante, son excentricité faisait courir les rumeurs les plus variées. Light se demandait si elle en était consciente, mais l'anglaise semblait évoluer dans un autre monde. L'une de ces rumeurs était qu'elle ne savait pas écrire le japonais. C'était justement ce qu'une élève de leur classe, dont la mère était déléguée des élèves venait de révéler, avant que le cours ne commence. Enfin, pour être exact, le seul secret qui avait été éventé était les circonstances douteuses de son embauche par le chef d'établissement. A ce qu'il paraissait, elle n'avait aucun diplôme en poche. En tout cas, on ne l'avait jamais vu noter quoi que ce soit, ni sur au tableau, ni dans une quelconque carnet ou feuille. Son passage à l'académie Daikoku promettait de s'ajouter à la liste non officielle des noirs secrets du lycée. Ce qui était certain, c'est qu'elle ne s'intéressait pas à ce qui comptait vraiment. Par exemple, l'intitulé de sa leçon, la mode, titre raccoleur au possible, suscitait les réponses les plus conformistes et les plus niaises de la part de la gent féminine. Affirmation de soi, recherche d'identité, création artistique, incitation à la consommation, foutaises que tout cela ! La mode était le contrat tacite que l'on signait avec la société, signalant visuellement quelles règles du jeu on avait l'intention de suivre. Et Charlotte Keyes, avec ses vêtements rétro à la mode sans être à la mode, ses excentriques petits chapeaux, s'était réfugiée dans le hors-jeu sans l'admettre ouvertement.

Tout ce bavardage superflu ne nécessitait pas une attention de tous les instants et Light pratiquait l'écoute flottante. Tandis que tout le vocabulaire concernant les froufrous de la mode gothic lolita y passait - une aubaine puisque nombre des accessoires se référaient à la culture anglaise, le jeune garçon laissait dériver son regard sur un autre spectacle british s'il en est. Le ciel de cette fin d'après-midi, aquarelle orange et bleue formait un authentique Turner grandeur nature au-delà des immeubles gris. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas touché à ses pinceaux. Mais à quoi bon : c'était l'une des choses pour lesquelles il ne montrait aucune aptitude. Au mieux, il dessinait des schémas coloriés.

Heureusement, il avait désormais le Death Note qui le détournait de ce genre de futilités dans lesquelles il avait jusque-là perdu son énergie inutilement. L'objet ne quittait jamais ses pensées, et Ryuk qui rôdait toujours autour de lui était là pour le rappeler à son bon souvenir. Finalement, il ne se sentait pas à l'aise sans le cahier. Une solution avait été d'en conserver une page dans son portefeuille, enveloppée par précaution dans du papier carbonne. Mais il avait besoin de sentir encore plus la proximité du cahier. Les couleurs mélangées du tableau naturel qu'il contemplait favorisaient les associations d'idées. Et soudain, l'évidence le frappa. La montre de pépé ! Du sur-mesure fabriqué pour un officier de l'armée japonaise, avec tiroir secret pour y loger microfilms ou arsenic. Il allait égarer cette montre qu'on lui avait offerte pour ses examens blancs et reprendre ses anciennes habitudes ... Comment le mécanisme fonctionnait-il encore ? Toc !


« Aouch ! »

Light cligna des yeux sans comprendre ce qui lui arrivait. Tandis qu'il portait la main sur le sommet de son crâne qui avait reçu vraisemblablement l'impact d'une craie, l'assistante se mit à lui reprocher de ne pas écouter son cours. C'était vraiment injuste. Pourquoi lui ? D'autres auraient mérité bien plus que lui ces réprimandes, avec leur chahut. Qu'est-ce qu'elle lui voulait, la Mary Poppins ? Une dissertation sur les mérites comparés des santiags et des bottines à franges indiennes ? Il garda son expression étonnée en se gardant bien de fusiller Miss Keyes du regard. Bouche bée, il n'avait pas l'air spécialement intelligent, mais au moins il n'agravait pas son cas. L'anglaise lui adressa un petit sourire ironique. Pour une raison qui lui échappait, elle ne semblait pas le porter dans son coeur. La fin des cours fut annoncée avant qu'il n'ait trouvé quoique ce soit d'intelligent à répondre.

Tandis que l'assistante engageait la conversation avec Izdi, Light en profita pour la fusiller du regard dans le dos et ramassa ses affaires. Non, il ne laisserait pas passer cela. Il fallait mettre les pendules à l'heure au plus vite : il n'avait aucun conseil à recevoir d'une fille qui portait un béret dans une salle de classe. Il se rapprocha de ses enseignants et se racla la gorge discrètement. Il ne voulait pas se montrer grossier, mais il n'allait pas attendre que le duo ait fini de parler de la pluie et du beau temps : il avait un monde à nettoyer de ses parasites. Avec ce petit hochement de tête qui caractérise la politesse à la japonaise, il s'adressa à Miss Keyes, sous l'oeil indulgent du professeur :


« Mademoiselle Keyes, je vous prie de m'excuser si j'ai semblé vous manquer de respect tout à l'heure. Cela ne se reproduira plus à l'avenir. Cependant, vous comprendrez bien que votre démarche s'écarte de nos cours habituels et des exigences du concours des universités. Pourriez-vous éclaircir le but que vous souhaitez atteindre avec nous, s'il vous plaît ? Le peu d'heures qui nous sont dispensées exclut une véritable formation à l'oral en langues, et le fait que nous nous intéressions à un sujet aussi pointu que celui de la mode me déroute un peu, personnellement. »

Les négociations étaient lancées. D'abord des excuses et de belles promesses, puis les critiques pour s'orienter vers un autre dénouement. Il fallait qu'elle accepte ses 'absences' en cours, sinon, tous les professeurs finiraient par exiger la même chose de lui. Et cela entrait en conflit avec les plans de Light. Il voulait pouvoir travailler à sa guise et gagner du temps pour continuer son oeuvre clandestine.
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Katleen Strain
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MessageSujet: Re: Busy World {PV Yagami   Mar 21 Avr - 2:02

    - J’aimerai savoir de quoi rêvent les cachalots quand ils dorment…

    Elle fit mine de réfléchir lorsqu’un léger raclement de gorge se fit entendre, elle sut avant même de se retourner qui était l’auteur de cette « politesse ». Light Yagami n’était finalement pas si parfait que cela, Monsieur avait sa pointe d’orgueil. C’était beaucoup mieux comme cela, beaucoup plus excitant pour des discussions intellectuellement un peu plus élevées, quoi qu'elle ne savait pas si c'était ce qu'elle voulait. Elle lui fit un léger sourire, signe qu’elle était disposée à l’écouter, Le professeur et elle s’arrêtèrent d’ailleurs de parler malgré leur conversation forte passionnante. Light se courba légèrement avant d’entamer ce qui serait certainement une justification. En partie oui effectivement, mais le garçon ne se démontait pas et lui disait d’une façon extrêmement polie qu’elle était parfaitement inutile dans la structure lycéenne. Son sourire s’élargit considérablement. Il y avait vraiment matière à exploiter chez cet élève. Elle comprenait parfaitement pourquoi ce garçon pouvait être adulé par les lycéens et faisait l’admiration du corps professoral. Il était profondément intéressant. Elle croisa les bras, satisfaite. La remarque ne lui faisant ni chaud, ni froid. Elle avait appris très rapidement à être imperméable à toutes critiques constructives ou non. Elle n’écoutait guère les réflexions d'autrui à son égard mis à part certaines entités encore inconnues. Elle s’adressa au jeune homme dans sa langue maternelle, il était tout à fait capable de tenir la distance ou du moins de la comprendre aisément :

    - Bien Yagami… Elle attrapa son énorme sac noir et décrocha son imper’ du porte manteau, l’enfila et fit comprendre au professeur d’anglais qu’elle partait. Les cours sont finis, il serait bête de rester une seconde de plus dans cette structure étouffante, non ?

    Elle lui fit comprendre qu’il devait la suivre s’il voulait avoir une réponse et elle s’engagea dans le couloir et entreprit « son plaidoyer », toujours en anglais, s’il vous plaît :

    - Pourquoi prenez-vous des gants pour dire les choses Monsieur Yagami ? Toutes ces phrases si adroitement tournées pour finalement me faire comprendre que vous trouvez mes interventions inutiles et que vous trouvez ridicule le choix de mes sujets.

    Elle eut un regard sur la cour que l’on pouvait apercevoir des fenêtres du couloir du troisième étage dans lequel ils se trouvaient. Ce fourmillement continuel était si agréable à décrypter. Elle laissa un petit silence entre sa prise de parole et ce qu’elle allait dire à la suite :

    - Il est bien normal que mes interventions soient peu conventionnelles pour la simple et bonne raison que je suis dyslexique. Je ne l’ai jamais caché et c’est un petit miracle que je sois assistante ici. On me demande une prestance orale, c’est ce que je fais. Tout le monde sait que les assistants n’apportent rien de constructif mis à part du vocabulaire riche que les élèves s’empressent d’oublier. Je n’ai pas la prétention de vous faire apprendre ou de vous aider pour vos futurs examens. Ce ne sont que des conversations sur des thèmes plus ou moins appréciés. Mais vous n’avez pas le temps pour ce genre de fantaisies, Monsieur Yagami apparemment.

    Elle prit l’ascenseur pour se rendre au rez-de-chaussée, enfonça le bouton zéro et regarda distraitement défiler les numéros de façon dégressive. Descente aux Enfers. Pourquoi l’Enfer serait-il forcément sous terre ? Pas besoin d’aller aussi bas pour trouver la discorde et les ennuis. Elle se demandait bien ce à quoi pouvait bien ressembler le diable en plus. Elle jeta un regard à son « compagnon d’ascenseur » et sourit. Non, lui il avait un peu une tête de jeune enfant pur et innocent. Pourtant la réplique qu’il lui avait offert tout à l’heure montrait bien l’intelligence redoutable et la répartie dont il pouvait faire preuve. Un cas à part décidemment.

    - La mode ne vous plaît pas ? Vous êtes trop sérieux pour ça. Les courants populaires, très peu pour vous. Pourtant vous auriez pu rendre le débat intéressant. C’est vrai, qu’est ce que la mode, pourquoi la mode ? N’est ce qu’un courant vestimentaire ? Un diktat des idées ? Une manipulation de la société ?

    Elle s’étira et eut un léger rire :

    - Je vous embête Monsieur Yagami, vous vouliez seulement remettre les pendules à l’heure et assurer votre petit confort personnel et voilà que je vous monte des théories subjectives sur un mot qui n’a pas plus de sens qu’un autre. Et puis de toute façon, pendules à l’heure ou pas, je ne saurai pas faire la différence, vu que je ne sais pas la lire, l'heure…

    Mélanger les sens propres et les sens figurés, c’était du Dyslexia tout craché. Un bip retentit pour leur annoncer leur arrivée à l’endroit voulu.

    - Et bien, ne vous inquiétez pas pour votre tranquillité je veillerai à ne plus vous déranger. Si vous le jugez nécessaire, vous pouvez même vous dispensez de venir les jours où j’interviens en cours, je n’en tiendrai pas rigueur. Je bosse aussi et surtout pour faire des sous alors votre non présence ne me chagrinera pas.

    Petit jeu dangereux qu’était ce souffle de provocation mais elle sentait que ce garçon n’en aurait que faire de ce qu’elle pouvait bien lui dire. Il semblait… Ailleurs.
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Light Yagami
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MessageSujet: Re: Busy World {PV Yagami   Jeu 23 Avr - 1:15

La réponse de Miss Keyes se fit aussi aigüe que l'entrée en matière avait enchaîné détours et ronds de jambe. S'en suivit un petit discours sur la franchise et le superflu nécessaire. Light écouta patiement les diatribes de l'assistante. Il coinça son sac de cours sous son bras et suivit la demoiselle qui se mit à arpenter les couloirs avec ses Derby. Le lycéen fixait du coin de l'oeil les chaussures. Elles étaient originales, et en même temps leur côté décallé avait un chic indéfinissable.

Ils prenaient le chemin de la sortie. Au détour de chaque couloir, au détour de chaque phrase, un aiguillon était destiné à écorcher l'ego du lycéen. Light ne disait mot, mais par d'imperceptibles mouvements, un pincement de narines, la nervosité transparaissait dans son attitude. Ce prix valait la peine d'être payé : finalement, l'anglaise lui accorda le droit de faire comme bon lui semblait. On aurait pû penser qu'elle était irritée ou blessée de son indifférence, mais tandis qu'elle parlait, elle avait cet immuable sourire moqueur aux lèvres. Son absence ne la chagrinerait pas ? Hé bien, c'était réciproque, il n'y avait pas de quoi en faire une bataille de morceaux de craie.

Mais pour l'instant, ce qui l'intéressait, c'était le personnage qui se tenait à côté de lui. Il aurait pû prendre congé, mais, sauf erreur de sa part, il avait bien entendu des questions plutôt originales sortir de cette bouche aux lèvres fines. Il fallait tout de même avoir une curieuse tournure d'esprit pour faire le lien entre météo et gastronomie et pour s'intéresser à l'onirisme des cachalots. Pour couronner, le tout, Miss Keyes venait d'avouer qu'elle ne savait pas lire l'heure.


* Ce serait à ce point ! Dyslexique, farfelue, et pourtant extrêmement lucide. Je me demande jusqu'où va son goût pour l'excentricité. *

« Si vous voulez mon avis, quand ils dorment, les cachalots rêvent qu'ils ont un derrière. Ainsi, ils peuvent s'asseoir dans un train pour aller pique-niquer sur le Mont Fuji. Après tout, nous rêvons bien d'avoir des ailes pour nous asseoir sur les nuages et en manger la chantilly. Cela dit, je peux tout à fait me tromper, je ne suis pas spécialiste des cachalots. Moi, la question que j'essaye de résoudre en ce moment, c'est plutôt si les Shinigami vivent dans des maisons ou s'ils dorment dans des grottes accrochés au plafond comme les chauve-souris. Qu'en pensez-vous ? »

Il aurait pû prendre des précautions, mais ce n'était pas la peine de prendre des gants avec Keyes, elle l'avait dit elle-même. Pour plus de sûreté, il avait gardé le regard fixé dans le vide, comme s'il rêvait. Si elle le prenait pour un fou, ou si elle se vexait en croyant qu'il se moquait d'elle, il n'y aurait pas d'entente possible. Sinon, les développements pourraient être intéressants. Light revint tout de même au sermon dont l'avait gratifié la Miss, et ceci toujours dans le même anglais qu'elle avait adopté, avec un accent à peine décelable. Il avait toujours sû que regarder des films en version originale finirait par lui servir.

« Vous avez de la chance de vous sentir assez libre pour vous exprimer avec autant de franchise, Miss Keyes. Pour ma part, j'en serais incapable. Cependant, j'ai du mal à croire que cela ne vous ait pas joué des tours. Beaucoup de gens ne sont pas vertueux, ils utilisent nos faiblesses pour nous nuire par bêtise, par méchanceté ou tout simplement par égoïsme. Heureusement, votre morceau de craie n'a pas fait un trop gros bleu à ma fierté. Elle s'en remettra, merci pour elle. Mais imaginez que j'aie été assez fâché pour me servir de vos confessions et faire un scandale, quitte à déformer la réalité. Vous pourriez perdre votre place, vos projets seraient réduits à néant, et vous auriez besoin d'un autre miracle pour trouver votre place. »

C'était dit sans aucun ton d'hostilité dans la voix, une simple hypothèse lancée comme ça. Light avait fait l'expérience du double-tranchant de la franchise. C'était pour cela aussi qu'il évitait de trop se faire remarquer en cours. La vérité était que l'on ne pouvait même pas être transparent à ses propres parents. Le monde était ainsi : on vous racontait de belles histoires : il fallait être franc et spontané comme les héros de mangas, toujours faire le bien et tendre la main quand votre ennemi était accroché au bord de l'abîme. Le monde vous souriait-il pour autant ? Avec le temps, on se rendait compte qu'en fait le monde était pourri. Miss Keyes pensait-elle vraiment que l'on pouvait sans danger être franc avec le premier venu ?

« Mais en réalité, ce n'est pas mon manque de franchise que vous me reprochez, ni mon manque d'intérêt pour les choses futiles. Si vous faisiez grand cas de ma sincérité sans vous soucier de bienséances, vous ne m'auriez pas lancé ce bout de craie. Quand à mon sérieux, hé bien c'est un état de fait, je suis comme ça. Je n'avais encore jamais entendu un professeur s'en plaindre. Au contraire, c'est la qualité que l'on apprécie le plus chez moi, en général. »

* Alors, Miss Sincerity, quelle sera votre nouvelle excuse pour expliquer vos gestes et vos paroles ? Ce qui vous dérange, ce n'est pas mon sérieux, ni l'artificialité de mes réponses. C'est mon silence. *

C'était étrange que quelqu'un s'intéresse enfin à cela. Habituellement, on ne s'inquiétait pas beaucoup de la vie intérieure de Light. On voulait simplement qu'il ramène de bonnes notes à la maison, qu'il soit prêt à passer les meilleurs examens pour avoir une bonne place dans la société et faire la fierté de la famille. Mais la tempête qui agitait son cerveau, personne ne l'entendait. Et même s'il s'ouvrait à ses proches, est-ce qu'on le comprendrait ? Le silence était assourdissant autour, le bruit immense à l'intérieur, mais Light avait fini par s'y habituer, et à aimer cela. Une bouffée d'air printanier les accueillit au sortir du bâtiment. Il était un peu chargé de l'odeur de la rouille provenant de la zone industrielle désaffectée un quartier plus loin. La lumière s'était faite plus douce, ocre. Light voyait Miss Keyes dans cette couleur sépia, comme sur les vieilles photos.

« Vous savez, je ne suis pas contre un peu de fantaisie. J'aime bien vos chaussures. »
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Katleen Strain
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MessageSujet: Re: Busy World {PV Yagami   Ven 24 Avr - 21:04

    Katleen trouva étrange que Light ne fasse aucun commentaire sur ses élucubrations mais cela paraissait être dans son caractère. Il était vraiment maître de ses émotions même si certaines mimiques avaient pu apparaître sur son visage. Il était coriace, vraiment. Une force d’esprit rare chez les jeunes de son âge, c’était à son honneur.

    Elle avait fait un pas vers l’extérieur pour quitter l’ascenseur qui était une des dernières épreuves avant la sortie. Elle fit un léger demi-tour sur elle-même cependant, fronçant légèrement les sourcils, indécise quand à la réaction qu’elle devait avoir devant les paroles de l’élève qui la rassurèrent au moins sur le fait qu’il n’était finalement pas aussi silencieux qu’on le prétendait. Elle l’observa quelques instants, abasourdie par les mots du jeune premier. Elle aurait très bien pu être l’auteur de ses paroles et son faible sourire qui ne l’avait pas quitté depuis la salle de cours, s’élargit soudain pour vite offrir un éclat de rire sincère. Elle revint vers Light en tapant dans ses mains pour le féliciter. Elle était surprise, c’était bien la première fois qu’on lui répondait de la sorte sur ses questions farfelues et sans grand intérêt :

    - J’aurais pensé qu’ils rêveraient d’avoir une grande famille « cachalotique » parce que vous savez… C’est rare les familles cachalot ! J’ai vu ça à la télé récemment… La télévision japonaise regorge de surprises ! Elle observait désormais avec perplexité la personne en face d’elle qui elle ne prenait pas la peine de la regarder. Elle se demandait s’il était sérieux ou s’il cherchait vraiment des réponses à ses interrogations. Elle mit son sac sur son épaule pour venir poser ses mains sur ses hanches et émettre un bourdonnement qui marquait le fait qu’elle réfléchissait à une réponse. Shinigami… Ange de la mort, c’est cela ? Je ne sais pas si cela existe… Mais si j’étais ce genre de chose doté d’ailes, je me sentirai mal à l’aise enfermée dans une maison, il faudrait que je bouge, que je vole, que je découvre ! Et puis paradoxalement, on a le droit de paresser quand on est immortel, non ?

    Katleen avançait de nouveau vers la sortie, écoutant toujours Light qui semblait à présent beaucoup plus libre dans son expression. Il se demandait si sa franchise était sans limite, si elle n’avait pas peur d’affirmer chaque trait de sa personnalité. Il lui rappela aussi que si son esprit avait été un petit plus retord, elle aurait pu avoir de gros ennuis. Perdre son job ne l’aurait pas hautement chagrinée mais devoir postuler de nouveau comme serveuse l’aurait un peu ennuyée. C’était le prix à payer quand on avait un goût prononcé pour le jeu. Elle tourna sa tête vers Light et lui fit un sourire de ses dents mal alignées avant d’avoir un faible rire :

    - Je n’ai qu’une vie… Autant en profiter. Et puis… Monsieur Yagami, qui vous dit que je suis franche avec vous et les autres ? Je suis peut-être une personne qui aime se jouer des gens et le mensonge en est un des meilleurs instruments… La vérité est subjective.

    Dis-donc autant de doctes paroles et raisonnées qui plus est dans la bouche de Dyslexia allaient finir par court-circuiter son cerveau malade ! La suite des paroles de Light lui laissèrent cette expression amusée sur les lèvres, goûtant à chaque trait d’esprit du garçon, cela faisait bien longtemps qu’elle n’avait entendu de choses aussi passionnantes. Elle respira l’odeur particulière qui s’offrait à eux au sortir du bâtiment et se sentit heureuse. Vraiment. Elle ferma les yeux un instant pour les poser de nouveau sur Light, un regard pétillant d’intérêt :

    - Je ne vous reproche rien. Je voulais seulement vous titiller pour savoir qui était la personne qui m’intriguait le plus dans ce lycée... J’ai même espéré secrètement que vous me fassiez une scène. C’aurait été fort passionnant mais votre attitude discrète l’est encore plus.

    Elle se désintéressa de son cas aussitôt qu’elle eut prononcée ses paroles mais Light ne l’entendait pas de cette oreille et l’obligea à rester à ses côtés en changeant complètement de sujet de conversation. Il flattait les chaussures qu’elle portait aux pieds et lui apprit qu’il avait une certaine tolérance envers la fantaisie. Etait-ce sa façon à lui de tirer sa révérence sans trop de pertes et fracas ? Assurant ainsi le fait que ses paroles ne soient pas trop dures et qu’elle n’en ferait pas état ? Elle n’en savait pas grand-chose, le garçon parvenant assez bien à mener sa barque.

    -Je les aime bien aussi, vous savez. Elle frappa une fois dans ses mains. Bien, nous séparons-nous ici ou avez-vous des projets à me faire partager, si votre caractère sérieux ne vous l’empêche pas évidemment… Je ne suis pas contre un peu de fantaisie moi non plus.

    Certainement que l’élève studieux devait aller faire ses devoirs maintenant, elle avait déjà été surprise par le fait que le garçon ne se soit pas contenté de partir après l’ouverture des portes de l’ascenseur.
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Light Yagami
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MessageSujet: Re: Busy World {PV Yagami   Dim 26 Avr - 20:32

« Hé bien vous voyez, je ne suis pas un cas désespéré. »

Light lança un regard malicieux à Miss Keyes que sa réponse rendait si enthousiaste. Il hocha la tête aux réflexions de l'anglaise sur les Shinigami : bien qu'elle n'en ait jamais vu, elle était assez fantasque pour admettre l'hypothèse que ces céatures existaient. Et en même temps, elle avait dit des choses tout à fait censées, nul doute que Ryuuk ne l'aurait pas démentie, preuve qu'elle était beaucoup plus intelligente que ce que sa dyslexie et son excentricité laissaient entendre. Et puis, à l'écoutter, il ne fallait pas se fier à ses airs de demoiselle évaporée, elle était bel et bien manipulatrice. Oh, peut-être pas par désir de nuire. Il n'empêchait que cela faisait un drôle d'effet d'être le sujet d'une observation de Miss Keyes. Cette rencontre valait-elle mieux que de regarder un documentaire animalier sur l'échelle des valeurs de cette jeune femme ?

La futilité. En réalité, c'était quelque chose de tout à fait étranger à Light. Il était tout simplement doué pour comprendre une logique et l'imiter. Les vraies questions qu'il se posait, il ne les aurait jamais exprimées à voix haute. Elles étaient condamnées à tourner comme des fauves en cage dans l'un des compartiments de son cerveau, et à ne jamais en sortir. Par exemple, il n'avait jamais parlé de son opinion sur la peine de mort : son père n'avait jamais le temps, sa mère donnait de mauvaises raisons, et ses amis y étaient opposés au point de ne rien vouloir entendre des arguments pour la peine capitale. Un silence assourdissant ... Et puis le jour où il avait ouvert la boîte de Pandore, les dossiers sur l'ordinateur de son père, les questions étaient devenues plus sombres et terrifiantes. Etait-il naturel de jouir de la ruine de l'autre, de ses ennemis comme des plus faibles ? Etait-il naturel d'avoir envie de tuer ? D'aimer cela ? Où était alors la limite entre le bien et le mal ? Etait-ce seulement un question de subjectivité, cette précieuse subjectivité dont lui parlait Miss Keyes ? Hé bien dans ce cas, Light avait choisi sa réponse, contraint et forcé, lorsqu'il avait utilisé le Death Note. Sa vérité était blessante, il aurait eu besoin d'en parler, mais il ne pourrait jamais la partager avec personne. Son sourire se fit amer, et il détourna le regard, prétendant s'intéresser à un groupe de filles qu'ils dépassaient sur leur gauche.


« Oui, il y a parfois des reportages intéressants, mais il faut un peu chercher. Je ne sais pas si ça passe encore, mais le dimanche matin, sur la 18e, il y a parfois des documentaires sur l'astronomie. »

Satisfaite de sa petite expérience, Miss Keyes s'arrêta à la croisée des chemins qui quadrillaient la pelouse du lycée. Elle irait certainement déposer la feuille de présence, et comme Light prenait la direction de la sortie, il devaient se quitter. Y avait-il quelque chose à ajouter ?

Pour comprendre ce qui va suivre, il faut connaître la pénibilité de garder un secret. Il faut avoir par exemple lu le mythe grec du roi Midas, ce roi de Phrygie qui avait osé préférer la musique du dieu rustique Pan à celle du puissant et arrogant Apollon. Celui-ci, en punition de ce crime de lèse-majesté avait affublé l'humain d'oreilles d'âne. Tant bien que mal, les honteux appendices avaient été cachés sous un bonnet, et seul le coiffeur du roi avait connaissance de cette particularité. Quel effet cela devait faire de détenir le destin de son maître entre ses mains, de détenir un secret aussi risible qu'incroyable ? En tout cas, le poids du secret s'était fait tel que le serviteur, n'y tenant plus, était allé dans les dunes pour y creuser un petit trou et y murmurer : « Midas, le roi Midas, a des oreilles d'âne. » C'était un peu ce que ressentait Light. Il brûlait de dire son secret à quelqu'un. Il avait songé à le révéler à un criminel qu'il aurait tué aussitôt, mais il n'en avait pas encore eu l'occasion. Mais Miss Keyes, l'excentrique de service, qui ne pouvait ni lire ni écrire, était sûrement la personne qu'il cherchait ...


« J'ai envie de vous montrer quelque chose. Venez ! Alors comme ça vous n'excluez donc pas l'existence des Shinigamis et autres Djinns que la plupart des gens considèrent comme des légendes puériles ? C'est intéressant. Mais ce serait dommage que vous restiez ainsi dans l'ignorance. Tenez, peut-être qu'avec cette révélation, le fait que j'assiste ou non à vos cours vous sera moins indifférent. »

Light s'écarta du chemin en encourageant d'un mouvement de tête et d'un air joueur son professeur à le suivre jusqu'à un banc sous un cerisier. Il s'installa et sortit de son portefeuille le morceau de Death Note qu'il conservait. Il le débarassa de son enveloppe de papier carbonne, écrivit une quelconque formule en ancien japonais, et dessina un petit Ryuuk - très maladroitement – à côté. Le risque existait. Light aurait dû se rappeler de la morale de l'histoire de Midas. Sur le trou où le serviteur avait chuchotté le secret avait poussé une touffe de roseaux qui avait dès lors éventé le secret tous les soirs, quand le vent du crépuscule en faisait bruisser les feuilles : « Midas, le roi Midas, a des oreilles d'âne. » Mais le lycéen jubilait à l'idée de la tête que ferait Keyes en voyant son Shinigami. Et puis, qui la croirait, étant la seule à voir le monstre, si jamais elle se mettait à raconter que Light était suivi en permanence par un dieu de la mort ? Elle passerait pour une folle. Ce faisant, il se délectait en racontant un conte à dormir debout, certain que Ryuuk entrerait dans ce jeu qui promettait d'être très amusant.

« Il ne faudra pas crier, d'accord ? Il ne vous fera pas de mal, mais si vous hurlez, ça le rendra nerveux. C'est un Djinn qui appartient à notre famille, mon père me l'a légué pour mes 17 ans. Vous comprendrez que c'est quelque chose que je n'ai pas envie de révéler à n'importe qui. Il sait aussi parler ... En revanche, il a une très mauvaise mémoire. Tenez, c'est un sortilège qui le rendra visible à vos yeux. »

Light rangea le stylo-feutre noir qui lui avait servi à calligraphier les kanji, puis tendit le morceau de papier qui ressemblait à un o-fuda rudimentaire, l'une de ces amulettes traditionnelles comme on pouvait en trouver dans les temples japonais. Peut-être qu'elle le prendrait par-dessus le marché pour un sorcier. Il comptait bien sur la curiosité de l'anglaise pour qu'elle le suive et touche ce fragment du cahier.


[hrp : je pense que tu vas le faire, alors il faudra que le personnage de Ryuk intervienne, tu veux bien le MP quand tu auras fini ? :-) ]
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Katleen Strain
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MessageSujet: Re: Busy World {PV Yagami   Mer 29 Avr - 12:12

{Roh, désolée, j'ai l'impression de manquer de respect à notre topic parfois... x]

    L’astronomie. C’était vraiment quelque chose de complexe. Elle regardait parfois ce genre d’explications très compliquées à la télévision et son esprit divaguait assez vite, le plus souvent. Ce qu’elle aimait, elle, c’était les constellations parce qu’elles avaient toutes une histoire et en plus différentes selon le coin du globe mais elle n’allait pas embêter Yagami avec cela alors que leur séparation était proche. Elle aurait peut-être d’autres occasions de le revoir de toute façon, même s’il ne venait plus à son cours. Elle saurait le retrouver si elle le voulait.

    Mais le garçon se montra une fois de plus assez surprenant. Il ne voulait pas la lâcher comme elle le pensait. Il lui proposa de s’installer sous un cerisier, fort beau d’ailleurs, avec une lueur étrange dans les yeux. Elle croyait presque déceler dans son regard un lueur amusée voir joueuse. Elle lui fit un léger sourire, quelque peu hésitante devant le soudain enthousiasme du garçon et surtout devant ses paroles. Si elle était passionnée par les cachalots, lui ne rêvait que shinigamis. Etrange, vraiment. Elle resserra son sac contre elle et daigna enfin se planter d’un coup sur le banc où Light avait déjà pris place.

    - Qu’est ce qui pourrait bien me donner envie de vous avoir en cours ou non, vous…

    Elle ne continua pas ce qu’elle était en train de développer, coupée par le débit de parole de Yagami. Elle fronça légèrement les sourcils. Fantasque okay, déconnectée certainement. Mais là, l’adolescent la prenait pour une parfaite idiote, elle ne voyait pas d’autre issue à ses paroles qui détrônaient largement ses vagabondages spirituels : Parler des shinigamis, c’était comme parler de Dieu. On en parlait même si on savait que ça n’existait absolument pas. De là à lui faire croire qu’il possédait un esprit à ses côtés, c’était un peu fort de café. C’était pour ça qu’elle buvait le plus souvent du thé. Mais passons.

    Elle jeta un regard amusé à Light, était-il l’agent secret d’un groupe lycéen qui voulait faire tourner en bourrique Katleen ? Il faudrait certainement plus que…

    Elle déglutit difficilement, regardant la chose en face d’elle. Elle avait attrapé le bout de papier machinalement et avait souri devant le petit dessin qu’avait fait Yagami, elle s’était dit qu’il fallait jouer le jeu jusqu’au bout, il fallait bien aller dans le sens du lycéen pour tenter de mieux le connaître. Elle voulait savoir ce que lui concoctait Light mais il fallait avouer qu’elle s’attendait à tout sauf à « ça ».

    - Je…

    Elle se leva lentement pour aller jusqu’à ce Djinn qui venait d’apparaître. Elle n’aurait jamais imaginé qu’il pouvait être aussi hideux, c’était fascinant. Light lui avait dit qu’elle était la seule à pouvoir voir cette apparition mais elle ne réfléchissait pas à ce moment. Elle leva lentement son bras droit vers la créature fantastique et elle dut admettre qu’elle la sentait. Un contact rugueux, elle ne savait que dire. C’était bien la première fois. Elle secoua ses boucles en essayant de reprendre une certaine contenance mais ce Djinn restait. Ça en aurait presque été effrayant.

    Elle gardait fermement le papier dans son autre main, quitte à le froisser, ne comprenant pas qu’elle se trouvait devant la cause de bien des malheurs. Elle fut légèrement en colère. Qu’elle soit impressionnée passait, mais pas au détriment d’une réflexion. Elle se rassit aux côtés de Yagami, ferma les yeux et se massa les tempes. Il fallait qu’elle réfléchisse, elle en avait besoin.

    Son esprit se déconnecta du monde extérieur pour venir s’enfermer dans son monde, quelque chose de vraiment peu ordinaire mais qui était la clé de sa concentration. Elle resta ainsi quelques secondes et rouvrit les yeux lentement revenant vers "réalité". Elle croisa bras et jambes pour jeter un regard à Light.

    - J’ai des doutes, vous savez. Avec votre ingéniosité, vous êtes bien capable de construire des maquettes géantes avec micros intégrés. J’ai des connaissances qui sont capable de pire. Comment puis-je croire à une énormité pareille Monsieur Yagami ?

    Un air sérieux vint barrer de façon étrange son visage qui était la plupart du temps très serein. Elle se posait énormèment de questions, sa curiosité était attisée, son incompréhension aussi. Comme nombre d’orphelins de la Wammy’s House, elle n’aimait pas ne pas comprendre. Elle regardait le bout de papier froissé dans sa main et continua de parler à l’élève à ses côtés :

    - Et… Même si c’était vrai, pourquoi voudriez-vous que ce soit moi qui soit la seule détentrice de votre secret ? Nous ne nous connaissons pas et je viens de vous jeter une craie dans la figure. Seriez-vous plus dérangé que moi ?

    Elle eut un sourire moqueur malgré elle et considéra Light de nouveau avec sérieux. Elle ne comprenait pas la démarche du lycéen, ni même ce qui pouvait le pousser à faire ce genre de choses. Oui, s’il y avait bien quelque chose qu’elle voulait à ce moment précis, c’était comprendre.
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Ryuk
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MessageSujet: Re: Busy World {PV Yagami   Jeu 30 Avr - 19:20

Que pouvait-il bien raconter de bien beau à la jeune dame ? Jeune ? Pas si sur, elle semblait plutôt d'âge moyen pour sa carrure. C'était une prof après tout. Mais lui ? Que devait-il en penser ? Après tout, son esprit pas si développé que ça ne pouvait peut-être pas comprendre toutes les notions qui faisait d'un être humain ce qu'il était. Mais n'allons pas trop réfléchir à ces choses là. Non, que s'était-il passé aujourd'hui ? Il était venus, Light, à son école habituelle, comme tous les jours de la semaine, du lundi au vendredi. Ryuk comme à son habitude aussi l'avait suivis, sans raisons particulière si ce n'est qu'il n'avait rien d'autre à faire de ses journées. Il ne pouvait pas avoir de pommes par contre. Non, pour lui, les pommes étaient comme une drogue... Oui, une drogue incroyable dont les effets physiques d'un état de manque pouvait être assez cruel et dérangeant à voir. Il ne pouvait pas s'en passer, pas plus qu'il portait du noir en guise de vêtements. Enfin, si ses vêtements sont réellement des habits, car ils ont l'air attaché à sa peaux. Un peu comme une seconde peau, une sur-peaux. Que pouvait-il ressentir ? Cela était déroutant à imaginer. Oui, pensez quelques instants à vous, portant vos habits préféré pour la vie, les ayant attachés à votre peaux pour le restant de vos jours... Enfin, pire que ça, vous vivez éternellement, si vous n'êtes pas assez fainéant pour ne tuer personne avec votre death note. Oui... On n'est pas sans rappeler que pour vivre, un dieu de la mort doit "voler" la vie à des êtres humains, en inscrivant leur nom dans leur death note respectif. Alors si ce n'est d'être un roi de la fainéantise, il était impossible pour un des leurs de mourir. Du moins... C'est ce que Ryuk pensait... Après tout, même un shinigami comme lui ne savait pas tout de leur existence... Surtout pour lui, qui était de loin celui à savoir de nombreuses choses.

Pour en revenir au sujet d'origine, j'en étais au moment où je disais que Ryuk était un affamé des pommes. Oui, il avait une étrange préférence pour les pommes rouges, bien mure, qu'il pouvait manger tout aussi lentement qu'il les savourais avec tendresse et amour, affection et j'en passe. Pour lui, les pommes étaient tout pour sa vie. S'il avait de l'argent d'humain, il le dépenserait obligatoirement dans ces pommes, s'il pouvait se montrer aux humains comme bon lui semble d'un autre côté. Maintenant que nous avons discuté en long et en large de la situation concernant le dieu de la mort et de ses pommes, nous sommes enfin arrivé à l'institut en question. Light était déjà en cours et ne le suivait pas réellement, occupé par ses pensées et autres choses auxquelles sont esprit pouvait réfléchir. Le death note peut-être ? La vie qu'il allait passer après les cours ? Allez savoir, Ryuk ne pouvait rien lire dans ses esprits, ce n'était qu'un shinigami après tout et non un magicien. Bien que sa propre existence était déjà farfelue pour tout être humain. Il se rappela vaguement sa première rencontre avec Light... Ce dernier avait d'abord eu un air surpris puis il avait sut complètement changer d'attitude et prendre un air totalement sérieux. Cela aurait-il été pareil avec une autre personne ? Peut-être, peut-être pas. Alors qu'ils pensaient, autant lui que Light, le cours d'anglais était en train de défiler, lentement et longuement jusqu'à ce qu'un bruit léger et rapide se fasse entendre. Une craie apparemment venait d'être lancée sur le crane de Light, ce dernier ne suivant pas réellement le cours. Ryuk en laissa échapper un léger rire simple... suivie de quelques paroles dénuée de réponses vu qu'il n'avait en aucun cas le droit de répondre à ses dires sous peines d'être soupçonné d'être pris pour un fou sortis tout droit de l'asile en train de parler tout seul. N'exagérons rien non plus mais qui sait ? Tout pouvait arriver après tout.


-"Hu hu hu hu... Alors Light... même silencieux... Tu parviens à te faire remarquer... Les professeurs semblent vraiment avoir un œil sur toi. Tu n'es vraiment pas comme les autres..."

C
'est tout ce qu'il prononça, ne cherchant pas inutilement à parler de trop, sachant très bien qu'il parlait de toute manière dans le vide le plus total lorsqu'il s'adressait au jeune homme. Aujourd'hui n'était pas un jour comme les autres qui s'annonçait bêtement par une fin des cours, non, aujourd'hui allait se passer différemment. Light et l'assistante de sa prof d'anglais, mademoiselle Keyes, avaient engagée une discussion des plus étranges. Ryuk, en tant que bon dieu fidèle à lui-même ne comprenais pas toute l'essence de leurs dialogues mais il arrivait à comprendre deux trois trucs. A priori, les deux interlocuteurs semblaient chercher à vouloir être plus intéressant que l'autre, ou alors à avoir raison sur l'autre ou... enfin, quelque chose du genre. Ne demandez pas à ce bon vieux shinigami ce qu'il ne pouvait pas faire. Tout ce qu'il devait faire pour le moment tant qu'on y parle, était d'écouter la longue discussion qui se tramait entre les deux humains. Jusqu'au moment où Light parla d'un certain djinn qui devait certainement faire référence à lui-même. Allait-il révéler son existence à cette dame ? Qu'allait-il bien pouvoir raconter ? Il aurait peut-être mieux faire de dire qu'il ne parlait pas mais tant pis. Le dieu de la mort gothique devait donc bien dire quelques chose mais il avait le temps d'y réfléchir vu qu'elle n'avait pas encore touché le morceau de papier qui s'avérait être un morceau du death note. Le mot magique qui y été inscrit n'avait sans doute aucune signification propre, il y était juste là pour la décoration. Il finit par regarder l'anglaise dans les yeux, de ses yeux horripilants, avant de voir qu'elle toucha finalement le bout du cahier...

-"Heu... Light... Je ne suis pas sur que je sois entièrement d'accord... Enfin... Vois-tu... Tu es sur de vouloir faire ça ? Qu'est-ce que je pourrais lui dire moi ? Ho..." Il finit par se taire, regardant alors mademoiselle Keyes de haut en bas avant de remarquer qu'elle tenait maintenant un morceau dans sa main. Que devait-il faire ? Il finit par sortir la première chose qui sortit de ses pensées, attentions les yeux... Sans jeux de mots foireux. "Heu... Salut... J'aime beaucoup les pommes, vous savez ? Oui les pommes rouges... Enfin, vous voyez."

I
l préféra se taire, ne voulant pas dire plus de connerie avant que Light ne risque de le réprimander pour avoir dit un truc qu'il ne fallait pas. Il vit que la dame s'assit à côté du jeune homme, le "djinn" comme si bien précédemment nommé venait quand à lui de bouger un peu, se remettant derrière Light. La jeune assistante semblait... Pourquoi je continue de dire qu'elle est jeune d'abord ? Enfin, l'assistante plus ou moins jeune semblait être légèrement choquée par voir une telle apparition, jusqu'à ce qu'elle se reprenne pour ne dire que cela pouvait être un montage, une maquette avec micro. Pourquoi pas, bien qu'il fut bien réel. Ryuk sentait encore la main de Miss Keyes lui toucher la peau... brrr... Quelle sensation étrange, il n'aimait pas vraiment cela, qu'on le tripote. Encore moins qu'on l'observe sans arrêt. Il espérait que ce phénomène allait vite finir pour finalement pouvoir redevenir "invisible" aux yeux de tous sauf de Light.
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Light Yagami
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MessageSujet: Re: Busy World {PV Yagami   Ven 1 Mai - 22:22

Finalement, Miss Keyes n'avait ni crié, elle ne s'était pas évanouie. Elle serrait simplement le fragment de papier maudit, comme si sa santé mentale en dépendait. Light ne se faisait pas trop de soucis à ce sujet : il le récupèrerait facilement. Le scepticisme s'était emparé du professeur : était-elle victime d'un complot ? Light était bricoleur, mais pas à ce point, et il était beaucoup trop individualiste pour imaginer une telle blague à plusieurs mains. Pourquoi ? Dans quel intérêt ? Il n'y avait qu'une chose sur laquelle Miss Keyes ne se trompait pas : parmi les multiples raisons qui le poussaient à lui révéler la présence de Ryuk, il y avait bel et bien de la manipulation. Sa clairvoyance était au-delà de ce qu'il pouvait imaginer, il ne faudrait pas lui en conter, seules les demi-vérités pourraient permettre à Light de démêler cette situation délicate.

De son côté, Ryuk était tout aussi désemparé : si l'épisode de la craie avait amusé le Shinigami, il commençait à panniquer devant le comportement étrange de son hôte humain. Bien fait pour lui, il n'avait qu'à pas se moquer ! C'était toujours amusant de voir Ryuk perdre le fil et assister à ce qui se passait sans comprendre. Cela donnait l'illusion au lycéen qu'il n'était pas un simple jouet dont le Shinigami se débarasserait quand il serait lassé. En même temps, celui-ci avait avoué à Light qu'il était un possesseur assez intéressant. Le jeune garçon ne s'attendait pas à ce qu'il lui sauve la mise, mais il ferait certainement quelques concessions pour pouvoir continuer à se divertir. Pour le moment, en guise de présentation, il avait simplement dit qu'il aimait les pommes. C'était à se tordre de rire : on avait l'impression que l'immense, l'immortel, le puissant Ryuk était intimidé par la frêle Miss Keyes. Mais bien sûr, le véritable message était que Ryuk ne savait pas quoi raconter. Tant mieux. Entre les deux, Light avait de la marge pour manoeuvrer. Bon enfant, il lui reprocha son manque d'imagination avec légèreté :


« Voyons, Ryuk, est-ce que c'est une manière de te présenter à Miss Keyes ? Elle va croire que les démons japonais ne pensent qu'à manger. Ce qui n'est pas faux, mais ne t'inquiète pas, maman doit avoir fait les courses, et le stock que tu as dévoré doit déjà être renouvelé à la maison. »

Cette bonne chose de dite, il se tourna vers Miss Keyes qui avait perdu son sourire qu'il avait cru immuable. Elle avait osé jouer de lui, son tour était venu. A ce moment précis, on aurait dit qu'elle avait avalé une tisane amère. Le lycéen ricannait intérieurement. La fantaisie insensée s'évanouissait devant ses yeux. C'était un triomphe intérieur, car depuis ces semaines qu'il avait le Death Note, il avait du mal à se défaire de ses anciennes habitudes, et il restait des traces de futilité dont il n'arrivait pas à se défaire, des restes qui pourraient lui être fatals si ils se mêlaient à ses actes en tant que Kira. Effacer la jouissance de ces enfantillages sans pour autant changer de façade était une ascèse compliquée mais nécessaire. La fantaisie de l'assistante était si irritante ... C'était comme si quelqu'un mangeait un banana split sous votre nez tandis que vous faisiez un régime.

« Miss Keyes, je vous présente mon « Gâmi », Ryuk. Ryuk, tu connais déjà Miss Keyes, puisque tu me suis en permanence depuis tout ce temps. Ryuk est un dieu des morts, c'est à dire qu'il inscrit le nom des âmes errantes sur son livre des morts afin qu'elles trouvent la paix. Un travail fastidieux et compliqué à expliquer. Si nous commencions à entrer dans les détails, nous serions encore là demain, surtout si c'est Ryuk qui s'en charge. Il lui faut toujours un certain temps pour retrouver le fil de ses pensées. Mais avant, vous devriez accepter ce que vous voyez. J'admets que j'ai eu un peu de mal à m'y faire, je comprends votre réaction. Tu pourrais peut-être passer à travers l'arbre pour la convaincre, si tu veux, Ryuk. »

La question du rôle de Ryuk était évacuée pour plus tard, c'était ce qu'il y avait de plus pressé, il fallait laisser du temps au Shinigami pour comprendre ce que Light attendait de lui : s'il ne savait pas quoi répondre aux questions de Miss Keyes, il faudrait qu'il feigne l'amnésie. Pour une créature millénaire, il était tout à fait plausible d'avoir des trous de mémoire. Quant à l'explication sur son Death Note, Light s'était contenté d'une distortion de la réalité : de là à croire qu'il parlait d'humains, il y avait bien du cheminement, on pouvait tout aussi bien croire qu'il s'agissait de fantômes. Il pourrait toujours prétendre, si un autre Death Note était trouvé sur Terre, qu'il ignorait les propriétés du sien. D'ailleurs, une idée était en train de germer dans son esprit pour camoufler le Death Note, en cas d'urgence. Restait à se justifier. Pourquoi ?

Light étendit ses bras sur le dossier du banc, renversa un instant la tête, comme s'il cherchait une réponse dans la voûte percée de jours que formait le feuillage du cerisier. Il répondit sans se presser, et à vrai dire, il avait l'air de ne pas savoir lui-même ce qu'il faisait, en tout cas, sans connaître les raisons profondes de son geste. Son regard était dans le vague, et il ne jetait que quelques coups d'oeil furtifs en direction de Miss Keyes. En réalité, ses projets, eux se construisaient à une vitesse vertigineuse, et bien vite, il était à nouveau assis droit, les mains sur les genoux, et regardait franchement son interlocutrice.


« Pourquoi je vous montre le Gâmi de ma famille ? Alors que mon père m'a déconseillé de le montrer à qui que ce soit ? A qui voulez-vous que je le montre d'autre ? L'amitié ne tient qu'à peu de choses, je n'ai encore jamais trouvé quelqu'un à qui je puisse faire entièrement confiance. Tout ce qui les intéresse, c'est de traîner avec le gars populaire du lycée. Je ne préfère pas essayer de mettre ces amitiés-là à l'épreuve, en tout cas pas de cette manière. Alors un prof avec lequel j'aie des affinités, peut-être ? Non. Même si c'était quelqu'un d'honnête, il ne résisterait pas à son amour pour la connaissance et vendrait le secret aux érudits. Le gardien de notre famille nous serait enlevé.

Je vais être franc avec vous : je ne fais confiance à personne. Mais vous, c'est différent. Vous n'irez pas courir répandre la nouvelle incroyable que Light Yagami ne se déplace jamais sans son Gâmi. Et cela pour la simple et bonne raison que vous n'essayerez pas de vous rendre intéressante comme ça. Ou si vous le faites, les gens croiront qu'il faut prendre ce que vous dites au second degré. Vous êtes quelqu'un de redoutablement intelligent, malgré votre problème de dyslexie, vous devez en être consciente. Cela ne vous mènerait à rien de parler de mon Gâmi autour de vous, et même si vous le faisiez, on ne vous croirait pas ... Nous sommes tous les deux seuls à pouvoir voir Ryuk, pour le moment.

Et puis qui vous dit que je ne vous apprécie pas ? Franchement, je préfère qu'on me lance une craie plutôt qu'on me demande convenablement une entrevue après la classe. C'est tout le temps la même chanson ... M. Yagami, vous avez un gros potentiel dans notre matière, vous devriez songer à vous spécialiser dans le domaine. Voyez ces exercices supplémentaires, vous pourrez vous améliorer. Traduisez : bossez pour augmenter mon prestige et celui de l'Académie Daikoku. Vous m'avez surpris. Au bout de cinq minutes de conversation en tête-à-tête, vous ne m'avez toujours pas parlé de me présenter à un concours x ou y ...

Il y a peut-être d'autres raisons encore ...  »


Light conclut son petit discours en détournant les yeux. Elle pourrait mettre ce qu'elle voulait dans ces "autres raisons". Il fallait qu'elle essaye de deviner, le doute l'empêcherait de cogiter sur des choses plus importantes. Qu'elle s'égare ... Il saisit la poignée de son sac, signe que le petit lycéen modèle songeait à rentrer chez lui.

« Il me manque un élément pour tout pouvoir vous expliquer. Cela perdrait de son intérêt si nous vous racontions toute l'histoire sans cette pièce du puzzle. Mais peut-être un de ces jours, et surtout dans un endroit plus approprié, si vous le voulez bien ... Alors, est-ce que vous voulez en savoir plus, ou vous ne voulez plus en entendre parler ? »
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Katleen Strain
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MessageSujet: Re: Busy World {PV Yagami   Sam 2 Mai - 0:10

    Elle eut un léger sourire, ce sourire usuel qu’elle baladait tous les jours sur son fin minois, en entendant les paroles du Djinn. Elle eut un instant un doute sur la portée de ce qu’il disait, elle se demandait si c’était un sous-entendu graveleux sur sa robe d’un rouge assez impressionnant mais elle ne le pensait pas sincèrement puisque le Djinn ne semblait pas lui porter un jugement grossier. Alors, il aimait les pommes. Rouges qui plus est. Cela lui rappelait l’erreur qu’on faisait souvent avec le fruit défendu d’Adam et Eve. La pomme rouge : symbole erroné du pêché. Tiens, elle n’était pas présente chez Disney aussi, la pomme ? La belle Blanche Neige se faisait bêtement avoir par l’horrible belle-mère. C’était bien fait pour elle, Katleen n’aurait pas ce problème, elle n’avait pas de belle-mère et elle était plutôt branchée thé et petits gâteaux.

    Elle ne répondit pas à l’interpellation de l’apparition, Light lui avait dit qu’ils étaient les seuls à le voir, il serait étrange qu’elle parle dans le vide. Au pire, elle ferait semblant de discuter avec Light alors qu’en vérité, elle questionnerait le djinn. Les lycéens n’allaient pas s’amuser à épier leur conversation, du moins, elle l’espérait. Yagami, lui, ne se gênait pas. Il avait même l’air très à l’aise avec son compagnon étrange, il faisait preuve de légère ironie avec ce dernier. Elle avait l’impression de ne plus se trouver devant le lycéen muet du cours d’anglais. Yagami n’était peut-être pas aussi lisse qu’il le laissait croire.

    Bon. Qu’est-ce que c’était que cette chose finalement ? Djinn, maintenant Gâmi. Elle l’appellerait Ryuk, cela serait beaucoup plus simple. Le cerveau de la demoiselle commençait à s’accoutumer à cette chose complètement abstraite et fantasque. Un dieu de la mort qui aidait les âmes à trouver la paix… Katleen avait toujours cru qu’une fois mort, notre corps se désagrégeait, se faisait bouffer par les vers et que super méga bon esprit ou pas, la fin se finissait sous terre et sans alternative. D’autres questions venaient s’ajouter à celles qui venaient tout juste de trouver une réponse, mais si elle les posait, elle pourrait agacer Yagami et il pourrait ne plus vouloir lui répondre. Elle garda donc le silence, emmagasinant minutieusement chaque information, jetant de temps en temps un regard à Ryuk. Yagami testait-il le terrain tout à l’heure quand il lui parlait de shinigami ? Les Gamis étaient-ils une branche de cette espèce ? Même racine dans le mot. Elle se mordit la lèvre inférieure. Yagami commençait à lui faire croire n’importe quoi. Elle devait rester lucide. D’ailleurs ce dernier semblait perdu dans une réflexion. Elle en profita pour s’adresser dans un souffle à Ryuk :

    - Qu’est ce que c’est une âme ? Vous lez voyez sous quelle forme ? Y en a-t-il en ce moment autour de nous ? Elle se leva, les bras toujours croisés, se planta en face de Yagami mais fixant son Gâmi, juste derrière. Vous écrivez juste un nom dans un livre et hop, c’est fini ? Mais si vous vous trompez, ça peut avoir une influence sur le monde des « vivants » ?

    Pourquoi croyait-elle à toutes ces élucubrations ? Pourquoi posait-elle des questions aussi stupides ? Peut-être que cela la rassurait de croire en un « après ». Elle voulut lui demander où allaient les âmes après, si elles se réincarnaient dans un autre monde, comme dans l’anime Bleach qu’elle avait vu à la télévision. Ah ouais, ça lui plairait bien tiens d’être une shinigami et de punir les Hollows avec une force spirituelle, peut-être que son Bankai serait un cachalot…

    Son contact visuel fut rompu avec Ryuk, Light ayant retrouvé l’usage de la parole. Il l’observait avec beaucoup d’intensité et cela aurait pu la déranger, elle n’en fit rien et écouta patiemment le lycéen. Light Yagami ne possédait nullement le droit de choisir si elle avait le droit de révéler son secret ou non à quelqu’un, mais il fallait l’avouer, personne ne la croirait, mis à part si elle gardait ce bout de papier. Yagami avait raison sur un point, cela ne lui servirait à rien de partager ce secret. Elle n’en voyait pas l’intérêt.

    Autres raisons ? Elle ne voyait strictement pas lesquelles. Peut-être avait-elle un rôle à jouer dans un rituel précis ? Pourquoi le Gâmi devait-il appartenir à la famille Yagami ? À cause du Gami dans Yagami ? Un monstre aux tels pouvoirs ne pouvait même pas être indépendant ? Si cela se trouvait il devait sacrifier une jeune anglaise pour insuffler un pouvoir au livre des morts. Elle s’égarait un peu trop.

    Un dernier élément…

    Elle posa sa main sur le bras de Yagami et lui jeta un regard assez animé, l’empêchant de partir aussi vite. Elle eut un demi-sourire et lui lança assez bas, craignant toujours la masse lycéenne :

    - Vous ne pensez sérieusement pas me planter là alors que je viens d’encaisser un nombre d’informations plus incroyables les unes que les autres. Comment pouvez-vous menez le jeu de la sorte Monsieur Yagami ? C’était bien la première fois qu’elle se faisait dominer dans un petit jeu d’esprit. Elle dut reconnaître la force de caractère du garçon et finit dans un soupir et son léger sourire qui était revenu orner son visage Je suis certaine que vous étiez conscient que je ne serai pas restée là-dessus…

    Elle sortit son téléphone portable de son gros sac noir et le tendit au lycéen. On ne racontait pas une histoire fabuleuse sans donner la fin.

    - Prévenez vos parents, nous allons chez moi. S’ils vous demandent pourquoi, dites leurs que j’ai pris l’initiative de vous coller des cours particuliers parce que je n’appréciais pas le fait que vous n’écoutiez pas en cours. Ce sera bien une première pour vos parents… Elle jeta un nouveau regard à Ryuk. Il nous suit ?

    Son téléphone ne comportait pas de numéro, mais que des couleurs et aucun texte ne figurait sur l’écran, tout était oral ou avec des dessins, ça ressemblait presque à un téléphone pour enfants.

    - Désolée pour l’aspect un peu particulier du téléphone, mais les numéros sont à leur place habituelle…

    Elle regarda le papier froissé dans sa main. Elle se méfierait désormais des cahiers en papeterie.
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Light Yagami
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MessageSujet: Re: Busy World {PV Yagami   Sam 4 Juil - 23:12

Light se dépécha de répondre avant Ryuk. Au diable le respect dû aux créatures immortelles. Light ne savait pas à quel point il pouvait mentir. En réalité, il lui semblait que le Shinigami était incapable d'inventer la moindre histoire pour les tirer d'affaire. Le jeune homme sentit une bouffée de frustration l'envahir. Damné Shinigami ! Il avait moins d'imagination qu'un enfant de quatre ans ! Pourquoi tout était si compliqué avec lui ? Neutre, neutre ! Il fallait toujours qu'il attende le pire moment pour donner ses avertissements et ses conseils. Il s'amusait de le voir paniquer, voilà tout.

Hélas, il faudrait tout mettre au point avec lui, envisager toutes les possibilités. On ne pouvait décidément pas compter sur lui. Il fallait absolument que le Shinigami se taise. A la moindre erreur, il serait obligé de se débarasser de Miss Keyes, ce qui ne l'enchantait guère. Elle avait beau être agaçante au possible avec son extravagance et sa curiosité mal placée, il ne pouvait pas la supprimer comme un vulgaire criminel. Et puis, il fallait admettre qu'il était à l'origine de cette situation. Non, décidément, c'était à l'encontre de tous les principes de Kira. Il se devait de reprendre le contrôle de la situation.


« Mademoiselle Keyes, Ryuk est un Gâmi, il ne peut pas se tromper. J'imagine qu'il voit les choses autrement. Mais c'est difficile à expliquer, et il faut dire que les shinigamis ne sont pas du genre à vous faire la conversation pendant des heures. Le japonais n'est pas leur première langue, si vous voyez ce que je veux dire ... Ce serait pénible pour Ryûk de devoir tout vous réexpliquer, je le ferais un peu à sa place. Mais il ne nous quitte pas ! »

Light espérait que le Shinigami avait compris le message. D'un air dégagé, il se leva et calla son sac sous son bras. Le ciel soit loué, il était bon acteur et savait rester maître de ses émotions. Merci les cours de théâtre en première ! Jouer l'héritier des Montaigu, l'amoureux transi, l'avait placé dans la situation la plus ridicule qui lui avait été jamais donnée de vivre, mais pour sûr, il avait appris des choses au cours de la préparation de la pièce Roméo et Juliette.

Néanmoins, il avait gagné sur un point : Miss Keyes n'avait pas peur du Shinigami, alors que d'autres personnes à sa place auraient voulu à tout prix voir se dissiper cette vision de cauchemar. Elle était curieuse et voulait naturellement en savoir plus. Peut-être était-elle trop curieuse, il faudrait faire très attention. Il haussa un sourcil quand elle lui tendit son portable. Quel drôle d'appareil. Et le design était plutôt agréable, ce n'était pas un petit bricolage de rien du tout ... Cela ne cadrait pas avec la profession de Miss Keyes, elle devait recevoir une aide extérieure pour vivre comme elle le faisait.


« Alors comme ça, c'est bien vrai : vous n'arrivez pas à lire les chiffres ? C'est étrange, je n'aurais jamais imaginé que la dyslexie puisse arriver à ce stade-là. Cela ne doit pas être facile dans la vie de tous les jours ... Sympa, votre portable. Vous avez des amis qui travaillent dans la téléphonie pour avoir un appareil « sur mesure » comme celui-ci ?

Vous êtes sûre que cela ne vous dérange pas que je vienne chez vous ? D'un autre côté, je ne saurais vous proposer un meilleur endroit pour parler d'un dieu des morts. Enfin, c'est d'accord. »


Light prit une inspiration en même temps qu'il se saisit du portable. Qu'est-ce qu'il se sentait bizarre à utiliser un appareil aussi peu classieux ! Dans les mains d'une femme coquette comme Miss Keyes, cela passait très bien, mais maintenant qu'il avait l'objet à l'oreille, il avait l'impression que toute la cour avait les yeux rivés sur lui. Il avait son propre portable, mais quelque chose lui disait que s'il acceptait celui de son professeur, il pourrait plus facilement se la mettre dans la poche. Le lycéen composa le numéro pour appeler sa mère qui devait être en train de préparer le thé après une rude journée de travaux domestiques.

Quand elle décrocha, il lui expliqua qu'il devait discuter avec son professeur d'anglais et qu'il rentrerait plus tard. Il ne poussa pas l'abnégation jusqu'à avouer qu'il n'écoutait pas en cours. Il dit qu'il voulait s'entretenir d'un concours de langues, quelque chose qui pourrait apporter un plus à son cursus, sans que cela ne lui demande trop d'efforts. Non, cela n'aurait aucune conséquence négative sur les révisions de ses examens, il savait ce qu'il faisait, il ne fallait se faire aucun soucis à ce sujet. S'il y avait un problème, qu'elle l'appelle sur son portable. Il raccrocha sur un « Oui, oui je t'embrasse maman » qui le fit rougir comme une pivoine. Ce qu'il détestait quand sa mère lui demandait d'être démonstratif dans son affection. En rendant le portable, il remercia la jeune anglaise et s'expliqua :


« Désolé, mais si j'avais dit que je n'écoutais pas en cours, elle ne m'aurait pas cru. Elle aurait pensé que je voulais sécher les cours du soir pour voir une copine. Ou pire, elle aurait imaginé des choses en entendant parler d'une assistante d'anglais qui tient à me coller pour mon inattention ... Elle est très suspicieuse à ce sujet, vous savez. Tandis que si je lui parle d'un concours proposé par un professeur, cela n'aura rien d'inhabituel, et elle ne s'inquiètera pas. Voilà, je suis prêt à vous suivre. De quel côté habitez-vous ? »
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